Mélinée

chansons mélancomiques



Quand je te vois
y'a le sens du céruléen
qui me revient

y'a l'essence
de l'herculéen
qui me repeint

la face
aux couleurs
des orgiaques

rouge pour l'amour
bleu pour la claque

Soudain je bois
à l'eau d'un lac
de plénitude
en cortinas

elle est féconde
l'exactitude
de ces deux bras

une caresse
comme une étreinte

le rouge de l'Est
en demi-teinte

avec l'Ouest dans tous ses états
quand je te vois

Quand je te vois
un sacerdoce
d'impertinence
ornant les murs

dresse au Kairos
de l'insolence
une sculpture

l'envers
un printemps
qui dérouille

le revers
glissant
sous la rouille

Un aléa
quand le destin
restaure le rire
de ses dorures

grise Berlin
pour en bleuir
l'architecture

le gris de l'Est
comme une atteinte

rouge pour le geste
noir pour la plainte

avec l'Ouest qui gémit tout bas
quand je te vois

Quand je te vois
quand je te vois
une rafale
salée crie
jusqu'à la Baltique

quand noch ein mal
disqualifie
l'arithmétique

Quand je te vois
quand je te vois
des mots en paires
pour en découdre
l'amour impair
un goût de foudre

quand noch ein mal
fragmente
la musique

On tanguera
au vent des jours
au ban des nuits
sans crépuscule

sur c'que l'amour
typographie
en majuscule

des lettres rouges
armées d'empreintes

un Est qui bouge
un Ouest qui suinte

le Nord et le Sud qui flamboient
quand on se voit


J'ai un cœur polygame
dans un corps monochrome
une envie mono-Mann (monomane)
dans un cul polygone

Je polis les côtés
de mon identité
un côté pas poli
un quota d'pas permis

je pèse le poids des mots
leur versus leur verso
un côté renversant
un quota du moment

J'ai une langue polyglotte
dans une bouche monospace
des idées polyformes
dans une tête monocrasse

J'arrache au cri du temps
des mélodies d'instants
un côté pour la rage
un quota de mirages

j'assaisonne en rimes
des espoirs au régime
un côté résolu
un quota d'sans issue

J'ai l'émoi polymorphe
dans un moi monologue
la politique amorphe
dans l'mono-épilogue

Je refourgue à hier
mes rêves de cordelière
un côté amnésique
un quota fatidique

Je concède au destin
les crasses de demain
un côté fataliste
un quota réaliste

J'ai une aire polygone
dans une foi monolithe
une tendance Antigone
une zone anti-limite

J'ai un air polyphone
dans une voix monodrame
une âme de polissonne
dans une femme-monogramme

J'ai une rime polyandre
dans un vers monopole
un amour monocendre
dans une tête polyfolle

J'ai un cœur polychrome
dans un corps monogame
une envie monotone
un désir mono-Mann (monomane)


Dis-moi
que le ciel
qui rampe
sur Galway

a le gris ras
d'une aquarelle
qui détrempe
quelques regrets

Mais dis-moi
que la pluie
qui noie son prêche
sur ma ville

bénit la loi
d'une affranchie
qui repêche
une vie tranquille

Dis-moi
que le vent
qui rencarde
le Connemara

donne sa voix
à l'océan
même s'il bavarde
avec les lacs cois

Mais dis-moi
que la brise
qui fait s'émoustiller
Berlin

traîne en ses draps
une balise
pour éclabousser
le chagrin

Dis-moi
que le temps
qui estampille
un coin d'Irlande

a l'estomac
dans le cadran
et des aiguilles
de contrebande

Mais dis-moi
que le jour
qui vole ses heures
à nos nuits

a dans l'détroit
de son détour
un dériveur
pour l'infini

Dis-moi
que la brume
qui farde les falaises
de Moher

a le blanc des doigts
qui écume
quand tes fadaises
deviennent amères

Mais dis-moi
qu'le brouillard
qui colle au bleu
de mon quartier

débrouillera
un mur d'espoir
pour les fiévreux
de liberté

Dis-moi
que la brune
qu'est pas brassée
dans mon pays

a dans l'éclat
quelques lacunes
a émoussé
la poésie

Mais dis-moi
qu'mon tannin
qui dépoussière
ton millésime

éventera
l'amour carmin
d'une taulière
légitime

Dis-moi
que le nord
où pousse les harpes
gaéliques

manque de gras
de rock au corps
de contrescarpe
dans la rythmique

Mais dis-moi
qu'les Vikings
qui ont leurs drakkars
à Berlin Est

ont dans les bras
l'sens du timing
et dans le dard
l'goût de l'espèce

Dis-moi
que la houle
qui bouleverse
l'Atlantique

a l'brouhaha
d'un bain de foule
n'a pas la liesse
de ma musique

Mais dis-moi
que le lac
que l'on s'invente
dans ma baignoire

renversera
d'un flot de flaques
le lit et la pente
de l'histoire


Ich kenne dich kaum
vielleicht aus 'nem Traum ?

Zeig mir mal die Quelle
und die Karavelle

mit welcher du schwimmst
heute Nacht du dimmst

deine Anwesenheit
Bring mir Helligkeit ! 

In deiner Sprache
bin ich keine Leuchte

Auf Missverständnis
reimt sich Zerwürfnis

Ich hatte mal gewußt
dass das Wort Lust

nie lange Zeit blieb
Senhsucht sogar Trieb

stirbt in der Routine
wie durch eine Lawine

und dass « verliebt sein »
ist kurz wie Mondenschein

Endstation Klosters
ist doch der Hammer !

Trennung bleibt Schicksal
Das Paar ist trivial

Allerdings Deutschland
wärmt mich wie ein Brand

Doch fast wie Willy
und du, alter Ossi

dein östlicher Charme
mit kräftigem Arm
bei der Umarmung
hat 'was Ausstrahlung

Aus zweien, mit Zement
schafft man ein Element

Doch aus prickelnd Strom
wird leider kein Atom

Es ist einfacher
lieber Techniker

Kabel zu schalten
als Frau'n zu lösen

Die Knöpfe deines Pults
brauchen weniger Geduld

als das schöne Geschlecht
und man liegt senkrecht 

Ich habe kein Dogma
nicht mal FKK

aber für einen Tanz
verliere ich die Distanz

Doch Anstatt der Liebe
nackte Narrenspiele

Es lebe die Freundschaft
wo das Paar versagt